Ai-je besoin d’une chirurgie des mâchoires ? Les signes qui doivent alerter
Mâchoire décalée, menton fuyant, mâchoire qui avance, dents qui ne se touchent pas : les signes d’un décalage des mâchoires, et quand l’orthodontie seule ne suffit plus.
Par le Dr Afshin Yousefpour, chirurgien maxillo-facial, Consultant Spécialiste (UK), FRCSEd · Publié le 4 novembre 2026. Voir son parcours
Beaucoup de patients ne connaissent pas le mot « chirurgie orthognathique » (parfois écrit « orthognatique »). Ils cherchent plutôt une explication à ce qu’ils remarquent : une mâchoire qui semble décalée, un menton en retrait, des dents du bas devant celles du haut, ou des dents de devant qui ne se touchent pas. Cet article présente les signes d’un décalage des mâchoires et explique quand l’orthodontie seule ne suffit plus.
Dents mal placées ou mâchoires décalées ?
Un problème d’articulé peut venir de deux choses différentes :
- la position des dents : les mâchoires sont bien placées, mais les dents sont mal alignées. Un traitement orthodontique suffit en général ;
- la position des os des mâchoires : c’est la mâchoire supérieure, la mâchoire inférieure, ou les deux, qui sont trop en avant, trop en arrière, trop longues, trop courtes ou déviées sur le côté.
Dans le second cas, l’orthodontie peut compenser en inclinant les dents, mais elle ne déplace pas l’os. Lorsque le décalage est important, la chirurgie orthognathique, aussi appelée chirurgie des mâchoires, repositionne les mâchoires elles-mêmes, en association avec l’orthodontiste.
Les signes qui doivent alerter
Un menton fuyant, une mâchoire du bas en retrait
On parle de rétrognathie mandibulaire, ou de classe II. Le menton paraît effacé, les dents du haut débordent largement devant celles du bas, et le profil semble « fuyant ». Ce décalage s’accompagne parfois d’un ronflement ou d’apnées du sommeil, car une mâchoire en retrait réduit l’espace derrière la langue.
Une mâchoire du bas qui avance
C’est le prognathisme, ou classe III : les dents du bas se placent devant celles du haut, et le menton paraît proéminent. Souvent, la mâchoire supérieure est aussi en retrait, ce qui donne un milieu du visage creusé.
Des dents de devant qui ne se touchent pas
La béance antérieure (en anglais open bite) : lorsque vous fermez la bouche, les dents du fond se touchent mais pas celles de devant. Il devient difficile de couper un aliment avec les incisives. La béance est souvent liée à une mâchoire supérieure trop longue verticalement.
Une mâchoire décalée sur le côté
Une asymétrie : le menton est dévié, le milieu des dents du haut et du bas ne coïncide pas, et un côté du visage paraît plus long que l’autre. Une asymétrie peut aussi s’accompagner de gênes de l’articulation de la mâchoire.
Un sourire qui montre beaucoup de gencive
Le sourire gingival a plusieurs causes possibles. Lorsqu’il est dû à une mâchoire supérieure trop haute, seul un repositionnement de cette mâchoire le corrige durablement.
D’autres signes associés
- difficultés à mastiquer, à croquer ou à fermer les lèvres sans effort ;
- respiration par la bouche, ronflement, apnées du sommeil ;
- douleurs ou craquements de l’articulation de la mâchoire ;
- usure anormale de certaines dents ;
- un palais étroit avec articulé croisé, présenté dans notre article Palais étroit chez l’adulte : pourquoi et comment l’élargir ?.
Aucun de ces signes ne suffit à lui seul à poser l’indication. Ils justifient en revanche un bilan.
Comment savoir si une chirurgie est nécessaire ?
Seul un examen permet de le dire. Au cabinet Face Clinic, à Waterloo, le bilan se fait en une consultation :
- un examen clinique du visage, du sourire, de l’articulé et des articulations de la mâchoire ;
- un CBCT grand champ, un scanner 3D à faible dose, qui montre la position des mâchoires, des dents et du nerf ;
- une empreinte numérique des dents au scanner intra-oral, sans pâte ;
- des photographies 3D du visage.
Ces données permettent de mesurer le décalage et de distinguer ce qui relève de l’os et ce qui relève de la position des dents. La décision est prise avec votre orthodontiste : orthodontie seule, ou orthodontie associée à une chirurgie.
Si une chirurgie est indiquée : à quoi s’attendre ?
Le traitement se déroule en général en trois temps :
- Une préparation orthodontique de 6 à 18 mois, qui aligne les dents sur chaque mâchoire.
- L’intervention, préparée par une planification virtuelle 3D sur le logiciel Dolphin Imaging. Selon le décalage, elle porte sur la mâchoire supérieure (ostéotomie de Le Fort I), la mâchoire inférieure (ostéotomie sagittale), les deux (chirurgie bimaxillaire), et parfois le menton (génioplastie). Elle se fait par l’intérieur de la bouche, sous anesthésie générale, avec 1 à 2 nuits d’hospitalisation.
- Une finition orthodontique de quelques mois.

Les suites de l’intervention sont détaillées dans l’article Convalescence après une chirurgie orthognathique, semaine par semaine.
À quel âge consulter ?
La chirurgie des mâchoires se réalise en général à la fin de la croissance, à partir de 17 à 18 ans environ. Un premier avis peut toutefois être utile plus tôt, dès que votre orthodontiste suspecte un décalage osseux : il permet d’orienter le traitement orthodontique dans la bonne direction. Il n’y a pas d’âge maximum, l’état de santé général compte davantage que l’âge.
En résumé
- Un menton fuyant, une mâchoire qui avance, des dents de devant qui ne se touchent pas ou une mâchoire déviée peuvent révéler un décalage des os des mâchoires.
- Lorsque ce sont les os qui sont décalés, l’orthodontie seule ne fait que compenser ; la chirurgie orthognathique repositionne les mâchoires.
- Un bilan avec imagerie 3D permet de savoir ce qui est nécessaire dans votre cas, en lien avec votre orthodontiste.
Pour en savoir plus, consultez la page Chirurgie orthognathique. Le Dr Yousefpour consulte à Face Clinic, à Waterloo, et à l’Hôpital Delta, à Bruxelles : prendre rendez-vous.
Cet article est une information générale. Seule une consultation permet de déterminer le traitement adapté à votre situation.
